Lu dans l'Humanité du 21/01/2009 une déclaration de Samy Ghozlan, président du Conseil des communautés juives de Seine-Saint-Denis qui après avoir en vain essayé d'obtenir l'interdiction des manifestations de soutien à la Palestine (avant le cessez-le-feu) vient de persuader le sous-Préfet du 93 de demander au maire communiste de Stains de retirer le titre de citoyen d'honneur attribué à un membre du Fatah de Cisjordanie emprisonné en Israël. Cette déclaration, la voici : "A court ou à moyen terme, toute manifestation de solidarité avec les Palestiniens ouvre la voie à l'antisémitisme." Des propos honteux, niant le droit à la critique d'un État qui à l'aune de ces propos semble chercher à faire taire toute opposition internationale. Critiquer l'État d'Israël reviendrait donc à être antisémite ou à participer à la montée de l'antisémitisme (en France et ailleurs). Donc la dimension politique des actes de l'État israëlien est purement est simplement niée, Ghozlan pratiquant un amalgame entre le politique et la religion qui est très loin d'être fortuit. Ramener au présent un passé tragique pour légitimer une politique dégueulasse est une façon particulièrement nauséabonde de faire taire les contestataires. Avec de tels propos, les victimes de l'antisémitisme à travers l'Histoire servent d'écran. Difficile de faire plus cynique. Comme le dit l'article de l'Huma, ce n'est rien d'autre que du chantage. Cette tentative de faire culpabiliser les personnes solidaires avec le sort des Palestiniens est une véritable insulte faite à ces mêmes personnes, accusées de poser le terreau de l'antisémitisme, là où il n'y a que revendications politiques. Car comme l'était le conflit irlandais à sa "grande époque", il ne s'agit pas d'une question de religion : c'était bel et bien une question politique, une réaction à l'impérialisme. Ceux que les manifestants soutiennent forment le peuple Palestinien, et non le Hamas. Lequel n'est d'ailleurs pas arrivé au pouvoir par hasard : son intransigeance (pour ne pas dire son extrémisme) reflète la cristallisation du mécontentement des Palestiniens, qui en raison des échecs politiques des "modérés" qui les ont jusqu'ici gouverné (il serait bon de se pencher sur les raisons de ces échecs) n'ont pu que se tourner vers la radicalisation, qu'elle soit politique et / ou religieuse. Cela a toujours été le cas des peuples qui se sont sentis humiliés, et ça le sera toujours. Que les Palestiniens se tournent vers le Hamas est un processus naturel compte tenu de l'histoire de cette région, qu'il serait trop long d'évoquer. Bref, à force de chercher à faire taire les opposants de l'État d'Israël, à force de dissimuler les enjeux politiques peu reluisants de cette interminable crise derrière la réactualisation manipulatrice d'un passé tragique et derrière des motifs religieux, ce sont bien des gens comme Samy Ghozlan qui risquent de raviver l'antisémitisme. Et après, on viendra affirmer que les manifestants contre la guerre en Palestine sont responsables ?
mercredi 29 avril 2009
mardi 8 juillet 2008
Inauguration
Le Président de l'association Tortillapolis a ses avis, qu'il mentionne dans son blog du Tortilla Times.
Le vice-président de la même association n'est pas toujours d'accord. Loin s'en faut. D'où le Tortilla Pravda et ses penchants communistes voire (osons les gros mots) marxistes-léninistes.
Le vice-président de la même association n'est pas toujours d'accord. Loin s'en faut. D'où le Tortilla Pravda et ses penchants communistes voire (osons les gros mots) marxistes-léninistes.
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